Comment être plus « positif » ?

Version définitive_Etre positif

Il y a des jours, il suffit qu’on me demande d’être positif avec un grand sourire pour que j’ai une envie irrésistible d’être négatif. De me plaindre. De tout voir en noir. Je m’asperge de négatif, je me complais dedans. Je ne vois plus que les contrariétés, les obstacles, les épreuves, les tragédies.

Cette attitude est totalement excessive j’en conviens !

Elle l’est d’autant plus que j’ai intitulé une des formations de Version définitive  « Communiquer positivement et efficacement avec les autres » et qu’au fond, par tempérament, j’ai plutôt tendance à voir la bouteille à moitié pleine.

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Alors pourquoi cette réaction épidermique ?

D’abord parce que souvent cette injonction à être positif est angélique : elle ne prend pas en compte que parfois la vie est dure, terrible et qu’il est des circonstances où une simple présence sera plus réconfortante, plus délicate que tous les appels à la positivité…

Ensuite parce qu’il est des émotions négatives qu’il faut savoir regarder en face et assumer, chez soi et chez les autres. Elles font partie de notre condition. Elles sont un appel à nous civiliser. A prendre l’éducation au sérieux.

Ces émotions difficiles à vivre sont aussi des signaux à écouter, des appels à prendre en considération : peut-être y a-t-il des frustrations, des besoins bafoués, des désirs refoulés qui tentent de se faire entendre à travers une colère, une déprime, une anxiété ?

Aussi faut-il bien mieux traverser une tristesse légitime, une déception cuisante, une juste colère que de faire semblant de voir la vie en rose. Pour être fécondes, c’est-à-dire réorientées de manière constructive nos émotions, fussent-elles « négatives », ont d’abord besoin d’être reconnues.

« Combien de larmes pour un bel accord de guitare » nous dit un joli dicton brésilien.

Bref, la positivité ne se décrète pas. Encore moins chez une personne en proie à une profonde mélancolie ou à un mal de vivre pour laquelle des soins psychologiques seront plus appropriés que les incantations positives.

Pour autant, bien que galvaudé par des livres de développement personnel fumeux, ce choix d’être positif est sain et réaliste.

Une chose en effet est de voir lucidement la dimension « négative» de ce qui nous vivons, ponctuellement ou de manière plus durable, une autre est de se complaire dans la plainte. De s’enfermer dans des fausses croyances du genre « je n’ai jamais de chance » « ça n’arrive qu’à moi » « je ne mérite pas mieux » qui non seulement affaiblissent notre capacité de résilience, mais finissent pas être auto-réalisatrices.

Ayant été hospitalisé il y a quelques années, je partageais ma chambre avec un homme qui répétait en boucle « comme disait mon père, la vie est une tartine de merde qu’il faut manger chaque jour »… Convaincu par le dicton paternel, cet homme ne percevait plus la vie, sa vie et tout ce qu’il lui arrivait, qu’à travers ce prisme décourageant.

A l’inverse, une amie chère actuellement atteinte d’une maladie très grave, possiblement mortelle me déclarait : « c’est la meilleure chose qui me soit arrivée ». Ebahi, je lui demandai comment elle pouvait dire cela. Parce-que je me suis enfin trouvée me répondit-elle. Sa maladie est évidemment une épreuve épouvantable pour elle et pour les siens, pour rien au monde, elle ne l’aurait voulue, et cependant, au cœur de son angoisse, elle parvient à voir ce qui pourrait être « profitable » dans cette situation objectivement terrible.

Dans son livre « découvrir un sens à sa vie, Victor Frankl (1905-1997), un professeur autrichien de neurologie et de psychiatrie, écrit :

il y a entre ce qui nous arrive et la manière dont nous y réagissons, un espace qui nous permet de choisir notre réponse.

Je le cite : « Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace est notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse résident notre croissance et notre liberté. »

Et que c’est précisément cette réponse qui va déterminer notre croissance personnelle. Je le cite à nouveau « Quand nous ne sommes plus en mesure de changer une situation, nous sommes mis au challenge de devoir nous changer nous-mêmes. ». Victor Frankl n’est pas un adepte de la pensée magique. Il a été lui-même enfermé dans le camp de concentration d’Auschwitz et c’est au cœur de cet enfer qu’il a développé sa pensée. Face à l’horreur absolue, sa manière à lui de trouver du sens a été de lutter coute que coute pour pouvoir un jour témoigner de ce qu’il avait enduré. Son épreuve sera même au cœur de la pratique thérapeutique qu’il développera ensuite (la logothérapie) dont la finalité est d’aider les patients à trouver un sens à ce qu’ils vivent.

Être positif est par conséquent une attitude saine dans la mesure où elle nous permet, au cœur même des difficultés, de trouver à la fois une direction (tenir bon jusqu’à la libération, persévérer jusqu’à la ligne d’arrivée, etc.)  et une signification. Un « pourquoi vaut tous les comment » nous dit Nietzche.

C’est aussi une attitude réaliste : croire que la roue tourne, que la chance va finir par advenir est au final le meilleur moyen de se disposer à saisir ce que la réalité, par définition imprévisible, pourrait nous offrir.

Dans son livre « éloge de la chance », Philippe Gabilliet montre bien que :

« la chance n’est pas une question de hasard, mais un véritable savoir-faire, une discipline de vie, une capacité à exploiter un évènement quelconque, apparu fortuitement, pour en tirer le meilleur ».

Dans son « best-seller » « Notre capital chance ; comment l’évaluer et le développer » Richard Wiseman donne un exemple, tiré d’une étude statistique, selon laquelle les personnes qui ont tendance à entrer en relation facilement avec des inconnus lorsqu’elles font la queue (au cinéma, au concert, devant un guichet de gare, etc.) ont objectivement plus de chance que les autres… De fait, en entrant en contact avec des inconnus, elles multiplient leurs chances de décrocher un emploi, récolter une idée de voyage ou encore de rencontrer l’âme sœur…

Cette étude ne dit pas autre chose que le dicton populaire selon lequel si vous souriez la vie vous sourira.  Quiconque a expérimenté cette attitude dans la rue, dans un entretien ou une soirée sait à quel point cette attitude qui découle d’un état d’esprit est constructive. Nous récoltons ce que nous projetons.

Au final, être positif, c’est croire que notre condition humaine aspire, malgré les vicissitudes de la vie, à la croissance et à la plénitude plus qu’à la désolation.  C’est croire que la pulsion de vie peut l’emporter sur la pulsion de mort. C’est comme le pensait Churchill, croire qu’il y a des combats, même plein de « sang, de larmes et de sueur » qui méritent d’être menés quand il s’agit de préserver une « civilisation millénaire » face à la barbarie nazie. C’est dans le monde inquiet et déboussolé d’aujourd’hui résister à la tentation de l’absurde et du chaos pour construire un avenir possible. Et meilleur.

Pour conclure voici un exercice utilisé en coaching et destiné à stimuler votre esprit positif : il consiste à situer sur votre « ligne de vie » (cf le schéma ci-dessous) les hauts et les bas de votre existence.

Version définitive les hauts et les bas d emon existence

Une fois que vous aurez pointé et nommé ces différents évènements (en partant de l’âge de 18 ans et en vous arrêtant aujourd’hui) demandez-vous, avec le recul qui est le vôtre aujourd’hui, si les bas que vous avez à juste titre vécus comme tels à l’époque pourraient aujourd’hui être regardés autrement ? Il ne s’agit pas de les transformer, mais de voir si a posteriori, et sous un angle différent, vous pouvez relire ces épreuves autrement. En voyant ce qu’elles ont pu, malgré leurs poids de souffrance, vous apporter en termes d’expérience acquise, de connaissance de vous-même, de leçon apprise etc…

Dans un deuxième temps demandez-vous en quoi ces bas vous ont-ils permis de préparer et même parfois d’initier les hauts qui ont suivi ?

Peut-être verrez-vous alors, comme si vous étiez le personnage d’un roman, une cohérence, un sens à votre destin ? Cela vous donnera de la force pour écrire la suite en croyant à votre étoile.

Je vous conseille vivement de lire le dernier post Antoine Durand. Sa capacité à voir ce qui est positif au coeur de ses épreuves est admirable et exemplaire : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6979001115514150912/

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