Comment et pourquoi être soi ?

Version définitive Devenez l'Orateur que vous êtes !

COMMENT ET POURQUOI « ÊTRE SOI » ?

Cette injonction à « être soi », « naturel » lorsqu’on s’exprime devant les autres sonne comme un cliché tant nous l’avons entendu. Elle n’en n’est pas moins pertinente pour deux raisons principales :

 

CE QUE JE SUIS PARLE PLUS FORT QUE CE QUE JE DIS

Nous savons grâce à l’étude d’Albert Mehrabian, professeur de psychologie à l’université de Californie que notre communication non verbale (gestuelle, « look », posture, mimiques) et notre communication para verbale (intonation, rythme, volume, timbre, accent, diction, débit, placement de ma voix) constitue 90 % de notre message. Imaginons par exemple que je vous dise « Je suis très heureux de vous voir aujourd’hui » avec un ton sec et colérique, il y a de fortes chances que vous entendiez le contraire exact de ce que sont sensés dire mes mots. Si un orateur est agressif, son véritable message ne sera pas son contenu argumentaire, mais son agressivité elle-même. C’est cette agressivité qui sera perçue et enregistrée.

« Ce que vous êtes parle si fort que je n’entends pas ce que vous dites »

Pour la même raison, si l’orateur est soporifique, peu convaincu, ou désinvolte, nous serons beaucoup sensibles à son attitude qu’à ce qu’il dit objectivement et il y a de fortes chances que sa manière d’être ruine sa parole, même si ses mots sont objectivement dignes d’intérêt. D’ailleurs, lorsque nous sentons une incohérence entre les mots et ce qui est exprimé par le corps ou le visage, nous nous fions davantage à ce qui n’est pas dit explicitement que par ce qui est affirmé verbalement.

Voyons à tire d’exemple ce que l’on peut voir chez une personne qui malgré elle, par timidité ou manque de confiance souvent, redoute de prendre la parole en public.

 

SYMPTÔMES PHYSIQUES

►  mains croisées

►  bras croisés

►  jambes croisées

►  tête dans les épaules

►  tête baissée

►  tête de côté

►  corps replié

►  tics

►  gestes parasites

►  crispations (craie, crayon…)

►   balance avec le corps

►  mouvement de chevilles… .

SYMPTÔMES VOCAUX

►  mains croisées

►  voix de gorge

►  médium constant

►  aigu constant

►  grave constant

►  chevrotement

►  attaque trop faible

►  finale en chute

►  fin de phrase relevée en aigu

SYMPTÔMES INTELLECTUELS

►  lapsus

► répétition non voulue

► hermétisme ésotérisme

► mots parasites (heu, bon,    alors, donc…)

► pédantisme

 

Ces différents symptômes indiquent un mal-être, une difficulté à être à l’aise, libre, face à aux autres. Il ne s’agit pas de stigmatiser cette fragilité, mais de prendre conscience que ce manque d’assertivité non seulement impacte le message, mais prive l’orateur de la liberté de bien s’exprimer.

Cette prise de conscience est une invitation à travailler aussi bien sur le message (grâce à la préparation que nous avons abordée dans les articles suivants) que sur soi, c’est-à-dire le

messager. Il serait en effet vain de faire un travail purement technique sur sa communication en faisant l’économie d’un travail sur soi. Car ultimement je suis le message. Au moins à 90 %…

C’est ainsi que les formations à la prise de parole en public (en présentiel et en distanciel) proposées par Version définitive sont souvent des moments de « révélation » pour ceux qui les suivent. Le fait de se confronter aux autres les oblige à se situer clairement face à tous ces yeux braqués sur eux qui leur demande silencieusement : qui es-tu toi qui te teins face à nous ?

La pression que le regard des autres exerce sur nous dévoile nos insécurités. D’un seul coup, les masques derrière lesquels nous nous cachons se craquellent. Notre difficulté à contenir nos émotions devient visible.

L’exercice est d’autant plus difficile pour ceux qui ont l’habitude de tout contrôler en faisant appel à leur seule rationalité. Ils sentent bien désormais qu’ils ne peuvent plus tout maitriser. Que leur corps prend le dessus en s’inhibant ou en s’agitant. Leurs émotions les font rougir, ou s’exprimer trop vite, ou trembler. À leurs corps défendant.

C’est alors que je leur fais prendre conscience qu’ils ne sont pas libres faces au regard de l’autre/des autres. Qu’ils ont tendance à perdre leurs moyens. Ils en conviennent. Mais comment faire alors pour retrouver de la liberté dans une situation aussi stressante ?

En étant davantage vous-même, je leur réponds. D’accord, mais comment faire pour être davantage moi-même ? Sachant que parfois je suis vraiment moi-même, je risque d’être odieux ! De ne plus faire l’effort de contrôler …

Telles sont les questions que nous allons aborder à présent.

Être soi pour être libre

Plus je suis moi-même, plus ma parole est alignée avec tout mon être, plus elle a de l’impact. Mon ou mes interlocuteurs sentent cette congruence. Elle les rassure en leur donnant le sentiment que je suis transparent et intègre, que je pense ce que je dis et dis ce que je pense. À charge pour moi de me discipliner pour maintenir cette unité. Et ultimement pour aligner mes paroles et mes actes bien sûr. Construire la confiance est une longue et patiente entreprise. Même avec un grand talent de communicant, cette confiance sera tôt ou tard réduite à néant si au final je ne fais pas ce que j’ai dit que je ferai.

En outre, tant que je donne à voir une image de moi, construite ou idéalisée, je subis un tiraillement intérieur entre ce que je voudrais être et ce que mon corps, mon psychisme, ma conscience m’invitent douloureusement (car je lutte) à être. Cette division intérieure est épuisante et stérile. Elle me maintient dans l’illusion que je peux me construire et me situer face aux autres par ma seule volonté. Elle donne souvent aux orateurs qui jouent ce jeu un style guindé, ou raide, forcé. Tout est un peu sur-joué. Comme chez un acteur qui aurait construit superficiellement un rôle, à partir de clichés, sans appuis intérieurs.

Cela peut marcher, mais pas longtemps. Tôt ou tard, le vernis craque, l’image se fissure.

La tension entre ce que je suis réellement (que je ne connais pas ou que je me refuse à accueillir pour des raisons souvent inconscientes) et l’image que je veux donner de moi devient une source de confusion et d’inquiétude. Ce conflit interne est épuisant et a pour conséquence un manque à gagner en termes de créativité, d’expressivité et de liberté bien sûr.

À noter enfin qu’être soi ne veut pas dire tout me permettre. En situation de communication, être soi suppose d’être pleinement ce que je suis, mais au service d’un rôle social (manager, collaborateur, expert, etc.) dont j’assume librement les codes (vestimentaires, sémantiques, comportementaux).

Mais si faire le choix d’être soi pour bien communiquer est la bonne stratégie, comment comprendre que ce chemin soit finalement si peu fréquenté ? Que cette invitation être soi-même soit souvent entendu comme un vœu pieux, un idéal naïf ou inaccessible

plusieurs raisons expliquent cette difficulté à emprunter la route vers soi-même :

1/ Ma volonté légitime de réussir et d’être reconnu dans un monde compétitif

Nous vivons dans un mode économique qui associe efficacité et performance sur fond de compétition permanente entre les uns et les autres aussi bien à l’extérieur de l’entreprise (la concurrence) qu’à l’intérieur. Dans ce contexte, chaque prise de parole m’expose dangereusement. Je risque d’être disqualifié. Lorsque j’interroge les participants à mes formations, ils expriment ouvertement leurs peurs « d’être jugés, de ne pas réussir, d’être ridicule, de perdre leurs moyens ». Ils disent « se mettre une forte pression, car telle présentation représente un fort enjeu professionnel, déterminant pour ma crédibilité, l’atteinte de mes objectifs, ma promotion, etc. ». C’est la réalité et il serait angélique et contreproductif de ne pas la voir en face. Pour autant cette anxiété de performance qui correspond à une volonté légitime de réussir peut s’appréhender de manière plus paisible :

• En effet, même si un esprit de compétition règne dans l’entreprise, 90 % des personnes d’un public, d’une manière générale, soutiennent l’orateur engagé qui se donne avec enthousiasme. Il vous sait gré de ne pas l’ennuyer et de recevoir de votre part quelques points de valeur (que j’aurais présenté comme des bénéfices en me mettant du point de vue du public) qui vont l’aider à mieux travailler.

• Le management est dans l’ensemble plus bienveillant qu’autrefois. Même chez mes clients où la relation était souvent dure, cassante, dénuée de toute empathie, peu à peu l’on comprend que le respect de la personne, l’encouragement, le « feed-back » constructif et le droit à l’erreur sont des leviers de croissance plus efficaces que la « schlague ».

• Enfin, le fait que vous ne soyez pas « tout puissant » n’est au final pas une si mauvaise nouvelle. Adam Grant, un universitaire américain, a même développé le concept de « Powerless communication » pour démontrer que l’essentiel dans un lien de communication n’était pas d’impressionner, mais de se connecter. Or ajoute-t-il, c’est à partir de ce qu’il y a en nous de vulnérable que nous pouvons créer une relation empathique avec les autres. C’est contre-intuitif, mais c’est grâce à notre dimension humaine dans ce qu’elle peut même avoir d’incertaine, de faillible même que nous humanisons nos relations. Beaucoup de grands comédiens et de grands orateurs sont en réalité des émotifs (et des bègues parfois). Cette émotivité est devenue pour eux une source de compréhension des autres autant qu’une énergie pour s’exprimer. Il ne s’agit bien sûr pas de faire l’apologie de la fragilité, mais de croire qu’une certaine vulnérabilité assumée peut devenir une force, surtout si elle est vécue avec humilité et humour. En assumant de ne pas être tout puissant, vous rassurez tout le monde et ouvrez la voie à une relation authentique. Cette posture n’est pas incompatible avec la compétence et le professionnalisme. Elle est même le souvent le signe d’une grande maturité.

2/ Je n’ai pas une connaissance immédiate de moi-même

“Une vie sans examen ne vaut d’être vécue“ Socrate

Une autre raison explique la difficulté que j’ai à devenir ce que je suis profondément. Bien que je vive depuis ma naissance 24 heures sur 24 en compagnie de moi-même, je reste en partie un inconnu pour moi-même. Certains aspects de ma vie affective par exemple m’échappent et ce sont les situations de la vie qui me révèlent tel ou tel aspect de mon tempérament ou de ma personnalité. Freud disait que le fait de réaliser que notre inconscient menait en partie la barque était traumatisant.
Être soi suppose par conséquent que j’apprenne à me connaître. Socrate le disait déjà il y a 2400 ans en reprenant la devise « Connais- toi toi-même » inscrite au frontispice du Temple de Delphes. Il utilisait pour ce faire l’art du questionnement (-la Maïeutique) aussi bien avec soi-même qu’avec les autres. Parfois ce retour sur soi ne se fait que lors d’une crise, d’une épreuve, d’un accident. On se tourne alors vers un psychologue. On se fait coacher. On lit, on s’interroge. Bref on plonge en soi pour trouver des voies de passage qui correspondent à ce que nous sommes et voulons vraiment.

3/ Je suis multiple et contradictoire, évolutif

Non seulement je ne n’ai pas une connaissance immédiate de moi-même, mais je réalise que d’un jour à l’autre, d’une circonstance à l’autre, je peux être très changeant. Tantôt confiant, tantôt plein de trac. Un jour ouvert, un autre fermé. Tour à tour à tour sociable, taciturne, aimable, grincheux, posé, nerveux. Doux et colérique. Fort et fragile.
J’ai tenté dans ma pièce de Théâtre « J’entends des voix » d’explorer avec humour et fantaisie ces différentes facettes qui sont en nous en mettant en scène physiquement les différents aspects d’un même personnage. On le voit ainsi en proie à des arbitrages constants entre les requêtes de son « ça », de son « Sur-moi » ou de se « Moi Idéal » pour reprendre une terminologie freudienne.

Les philosophes ont tenté de donner une définition de l’homme : la somme des relations sociales au sein desquelles il évolue nous dit Marx. Une liberté qui s’affirme existentiellement par les actes qu’elle pose si l’on en croit Sartre. Un « pêcheur pardonné appelé au salut » nous dit le christianisme.

Force est de reconnaître cependant qu’il est impossible de donner une réponse définitive et absolue à ce que je suis, un être en mouvement, multiple, complexe, vivant et en constante évolution.

4/ Je suis originellement dépendant du regard de l’autre

Nous nous sommes tous construits en intégrant le regard que les autres- Papa-maman- notre instituteur- nos professeurs, nos amis, responsables, nos collègues- ont posé sur nous. Peu à peu nous avons interprété subjectivement la manière dont nous avons été regardés. Si par hypothèse le regard que mes parents, mes proches, mes professeurs et autres éducateurs, moniteurs, managers a été « négatif » il y a de fortes chances que l’image que j’ai progressivement intériorisée de moi-même soit négative. « Bon à rien », « nul », « peureux », « maladroit », « odieux » : autant de qualificatifs qui ont pu être prononcés à un moment donné pour désigner un de mes comportements et que j’ai pu associer à ma personne. Des criminologues américains ont développé la Théorie de l’étiquetage (« Labeling theory ») selon laquelle le comportement des individus peuvent être déterminés ou influencés par les termes utilisés pour les décrire ou les classer. Si par exemple, vous dites à un enfant de sept ans qui a volé un stylo qu’il est un voleur, vous risquez de l’enfermer dans sa faute. La sentence devient auto-réalisatrice. Elle agit comme une malédiction. À vingt-cinq ans, l’enfant ou l’adolescent qui a volé un stylo, un scooter, un sac à main est effectivement connu des services de police pour vols à répétition. Cette étiquette lui colle à la peau en guise d’identité.
À l’inverse de l’enfant qui a été rabroué, critiqué, humilié, moqué, celui qui a grandi en accumulant les encouragements, les regards bienveillants, les remarques positives à son endroit aura naturellement une estime de soi plus développé. L’amour que quelqu’un aura pour lui-même et la sécurité interne que cela lui donnera sera d’autant plus sûr qu’il ou elle aura été aimée inconditionnellement. Non pas pour ces qualités, ni ces talents, ni ces mérites, mais pour ce qu’il est fondamentalement. Une personne digne d’être aimée.
Attention de bien distinguer l’amour inconditionnel, source incontestable de confiance en soi et une éducation qui se contenterait de ne formuler aux enfants que des retours gratifiants et positifs quoi qu’ils fassent. Une telle pédagogie, faussement fondée sur la crainte d’altérer la confiance de l’enfant, l’entretient artificiellement dans une confiance qui n’est pas éprouvée par la réalité et qui s’avère par conséquent bien fragile lorsqu’elle est confrontée à la moindre difficulté. Une éducation structurante n’est pas complaisante.

Bref, le regard de l’autre ayant été fortement constitutif de mon identité, il est normal qu’à chaque fois que je me présente à lui, à fortiori s’il prend la forme d’un public, les questions qui se posent fébrilement à moi soient : qui suis-je ? Ai-je de la valeur ? M’aimez-vous ? Ces questions sont souvent à la racine du désir de faire de la scène par exemple. Il y a chez beaucoup d’acteurs et de chanteurs un besoin impérieux d’être aimés. C’est une manière inconsciente de combler une béance affective. C’est à la fois un moteur (besoin d’être reconnu) et un piège. Que se passe-t-il quand ça ne marche pas / plus si ma valeur est indexée sur le box-office ?

La question qui se pose aux orateurs appelés à se confronter régulièrement au regard des autres est : Comment sortir de cette dépendance viscérale à l’égard du regard de l’autre/des autres ?

Ma réponse est très pragmatique : Je ne peux sortir de cette dépendance à l’égard du regard de l’autre / des autres qu’en me reliant à ce que je suis de la manière la plus tangible et incontestable qui soit c’est-à-dire mon corps, ma vie émotionnelle et mon rythme.
Face au public, quoi que je pense et quoi qu’il pense, je suis mon corps, c’est-à-dire des sensations qu’il m’appartient de ressentir.
Je suis mon rythme, c’est-à-dire une capacité à synchroniser ma pensée et ma parole.
Je suis une vie émotionnelle, c’est-à-dire un ensemble de réactions neurophysiologiques qu’il m’appartient d’accueillir et d’utiliser si, je ne veux pas en être le jouet.

Passer à l’intérieur de soi

Pour quitter le monde du « faux self » ou des images auxquelles j’aurais voulu ressembler ou auxquelles mes proches, la publicité, la société voudraient que je me conforme, je dois en effet passer à l’intérieur de mon être et faire taire les injonctions intérieures (sois fort, sois brillant, n’aie pas peur, sois drôle, sois intelligent et j’en passe…) qui m’ont sommé d’être celui que je n’étais pas.

Cela demande que je me mette à l’écoute de ce qui se passe en moi en termes de sensations, d’émotions, d’impulsions, de pensées. Cela suppose que je m’autorise à accueillir ma vie intérieure sans la censurer, sans moraliser, pour pouvoir peu à peu la pacifier et l’unifier.

Cette aspiration à l’unité, source de paix intérieure nous vient des Grecs (« Un esprit sain dans un corps sain ») et plus particulièrement d’Aristote avait bien compris que l’homme, bien que souvent fragmenté, divisé, éclaté pouvait unifier les composantes physiques, affectives, mentales et spirituelles de son être.

On retrouve cette vision chez le psychanalyste Jung qui nous invite à apprivoiser notre ombre. Ou chez les moines (Moine vient du grec « Monos » qui veut dire « seul », « un », « unifié ») chrétiens ou bouddhistes dont la quête intérieure consiste à sortir de la dispersion intérieure pour ne plus faire qu’un. Un en soi et un avec le divin.

Faire preuve d’humilité

Le deuxième moyen de sortir de la dépendance vis-à-vis du regard des autres est l’humilité. Nous avons souvent une vision moralisante ou culpabilisante du mot humilité. Comme si l’humilité consistait à s’abaisser de manière masochiste, à s’humilier. Or si l’on s’en tient à la racine latine du mot- Humus- l’humus signifie la terre. Et pour le communicant que je suis la terre, ma terre, c’est mon corps, mon rythme, ma vie émotionnelle.

Mon corps : Tout l’enjeu ici est de se retrouver intérieurement en rééquilibrant la sphère mentale et une relation à soi qui passe davantage par les sensations. Notre monde urbain, rapide, ultra connecté sur-sollicite notre mental. Sous l’effet d’une suractivité et du stress, nous finissons par nous enfermer dans notre tête. Nous sommes alors comme envahis par nos pensées. Nous tournons en boucle. Lorsque nous somme dans cet état devant les autres, nous sommes submergés par nos pensées et nos émotions, sans parvenir à les mettre à distance. Notre sphère mentale a pris le contrôle de manière tyrannique.
Pour éviter que cela ne se produise, il nous faut retrouver le chemin de la sensation dont j’ai coutume de dire qu’il est le « chemin de la maison ». Pour y parvenir, nous faisons faire aux participants à nos formations des exercices destinés à les rendre à nouveau conscients de leurs corps. Exercices de réceptivité (Docteur Vittoz), chorégraphies inspirées des neurosciences, exercices issus du théâtre pour s’ancrer et se remettre en énergie, autant de techniques faciles à mettre en œuvre, qui permettent à ceux qui les pratiquent de retrouver unité et confiance en s’appuyant sur des sensations concrètes et sécurisantes.

Mon rythme : Grâce à des exercices permettant de resynchroniser parole, émotion et expression, nous invitons les participants à découvrir leur rythme intime. Plutôt que de leur conseiller d’aller plus lent ou plus vite ; nous préférons les aider à expérimenter le rythme qui leur permet de s’exprimer sans tension. En mettant en place une discipline respiratoire qui les aide à ne plus « suffoquer » ou à se laisser embarquer dans une fuite en avant.

Ma vie émotionnelle. Dans ce domaine complexe, notre objectif est d’aider les participants à nos formations à :
– Maitriser sa vie émotionnelle. L’enjeu est qu’il puisse accueillir/Ressentir/Nommer et réorienter ce qui se passe en lui au lieu d’en être submergé
– Être juste (et non pas faux, emprunté, cabot), c’est-à-dire ajuster à lui-même
– Utiliser son intelligence émotionnelle en acceptant (c’est un lâcher-prise colossal pour beaucoup) de ne plus faire, mais de se laisser faire par ce qui se passe en soi et qui peut être un guide génial si on lui fait confiance et qu’on sait l’utiliser à bon escient.

Inutile de décrire longuement les exercices que nous faisons faire dans cet article. Ils sont faits pour être expérimentés. Vous êtes bien sûr les bienvenues à nos formations inter entreprise si vous voulez les pratiquer.

La différence entre être soi et être dans son égo

Notre égo est mental. Il compare, évalue, juge constamment. Or une réappropriation de son corps, de son rythme et de sa vie émotionnelle a la conséquence inverse : elle nous libère de l’égo en nous permettant de nous trouver de manière concrète.

C’est ainsi qu’ayant mieux découvert qui je suis et l’ayant accepté, je peux m’ouvrir à l’autre, aux autres, plus sereinement. Je sais qui je suis fondamentalement. Je n’attends plus de l’autre qu’il me le dise.

Ainsi, et c’est le but ultime de toute communication orale, je peux être avec.
Être soi pour pouvoir être sereinement avec l’autre.

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